Un grand artiste s'en est allé

"Il possédait l'antidote contre le redoutable venin de la vieillesse. Il savait lire".
Cette phrase qui nous plonge dans l'univers de Luis Sepulveda est tirée de son roman « Le Vieux qui lisait des romans d'amour ».
C'est avec tristesse que nous nous rendons compte aujourd'hui que ce virus touche tout le monde, des plus inconnus aux plus célèbres. Il a emmené aujourd'hui Luis Sepulveda. Cet écrivain engagé est mort de ce foutu coronavirus. Il est parti ce jeudi à 70 ans en Espagne à Oviedo.
Luis Sepuvelda, pour ceux qui ne le connaissent pas, est un grand romancier, poète et cinéaste. Auteur engagé, né à Santiago du Chili, il a milité très tôt dans les jeunesses communistes puis ensuite au parti socialiste. Il fut arrêté en 1973 par le régime du général Augusto Pinochet. Il a évoqué cette période dans « La locura de Pinochet » (La folie de Pinochet) en 2003.
Il fut emprisonné durant 2 ans et demi et grâce à Amnesty International il parvint à s'échapper, plongeant dans la clandestinité. Repris, il est ensuite condamné à 28 ans de prison, et grâce encore à Amnesty International, sa peine fut commuée en exil. Il quitte le Chili en 1977 et n'y reviendra jamais.
En 1978 il va participer à un programme d'études pour l'Unesco, où il va partager la vie des indiens Shuars qu'il mettra en scène dans « Le Vieux qui lisait des romans d'amour » publié en 1992. Sous forme de conte, ce premier roman, traduit en 35 langues, nous invite à repenser notre rapport à la nature. Ce succès planétaire fut adapté au cinéma en 2001 par Rolf de Heer avec "The Old Man Who Read Love Stories".
En 1979 au Nicaragua il intègre la Brigade Internationale Simon Bolivar.
Après avoir vécu en Europe, il retrouve sa première femme, la poétesse Carmen Yañez, et ils s'établissent en 1996 à Gijón dans les Asturies. Il y fonde le Salon du livre ibėro-americain et écrit des articles pour plusieurs journaux italiens.
Il est l’auteur d'une vingtaine de romans, chroniques, récits, nouvelles et fables pour enfants traduits dans une cinquantaine de pays.
Parmi toutes ces œuvres, il y a « Patagonia express » (Le neveu d'Amérique), « Historias marginales » (Les Roses d'Atacama) ainsi qu’une œuvre très originale qui s'adresse aux jeunes de 8 à 88 ans : « Historia de una gaviota y del gato que le enseño a volar » (Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler) en 1996, qui donna lieu à un film d'animation.
Son dernier roman en 2019 « Histoire d’une baleine blanche » édité chez Metaillé, vous attendra à la médiathèque dès qu'elle ouvrira à nouveau ses portes.
Aujourd'hui nous pleurons un grand écrivain, un grand conteur et un grand défenseur des droits de l'homme.

"J'écris parce que je crois à la force militante des mots".

 

Retrouvez ici l’interview d’Anne-Marie Métailié :

Ainsi que différents podcasts sur la vie et l’œuvre de Luis Sepulveda :

La grande table

Le temps des écrivains

Arte rediffuse le portrait réalisé par  Sylvie Deleule en 2011 : Luis Sepulveda, l'écrivain du bout du monde

Retrouvez enfin, les publications de Luis Sepulveda sur notre catalogue :

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