Du 18 au 25 septembre, la Forge organise une semaine de l'innovation et de la transition.

Comment concilier l'innovation notamment numérique et la transition ? Le secteur du numérique est en pleine expansion. Les besoins nécessitent toujours plus de composants électroniques, d'exploitation de métaux rares et précieux et sont donc source de pollution.

En moyenne, il faut mobiliser de 50 à 350 fois leur poids en matières pour produire des appareils électriques à forte composante électronique, soit par exemple 800 kg pour un ordinateur portable et 500 kg pour une box Internet

Dans ce contexte, la place du numérique dans nos vies et nos usages quotidiens a de quoi nous interroger ? La multitude de requêtes sur les moteurs de recherche, la consommation de vidéos en streaming, les mails inutiles ou encore l'émergence des cryptomonnaies sont énergivores et génèrent une empreinte carbone qui accentue les conséquences du changement climatiques. Doit-on jeter le bébé avec l'eau du bain ? Certainement pas mais une prise de conscience est nécessaire et une adaptation de nos usages pour limiter la pollution de nos pratiques numériques est possible. Nous vous proposons quelques solutions faciles à mettre en oeuvre.

Le discours visant à condamner la pollution numérique se traduit parfois par une culpabilisation des usages numériques. On pointe souvent du doigt les utilisateurs qui regardent des vidéos de chats sur le web qui serait la cause principale de la pollution générée par le numérique. Cependant, l'écosystème de l'adtech (secteur de la publicité numérique) peut continuer à polluer les sites web avec des technologies de suivi publicitaires qui font tourner des algorithmes et des serveurs pour nous pister en ligne et nous afficher de la publicité ciblée. La sobriété numérique et l'industrie publicitaire ne font pas toujours bon ménage.

Au final, le numérique est responsable de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Et, au rythme actuel, ce chiffre pourrait doubler d’ici 2025. (Source : ADEME)

Quelle est l'empreinte carbone d'une requête web ?

De  nos jours une bonne partie des sites sont devenus des panneaux publicitaires gigantesques. Le modèle économique d'une partie du web repose sur les annonces et le suivi des internautes afin de collecter des données personnelles, leurs habitudes, leurs centres d'intérêt pour leur afficher toujours plus de publicités ciblées. A ce propos, nous vous conseillons la lecture de l'excellent blog, Pixel de tracking qui décortique et analyse les mécanismes de tracking mis en œuvre par l'industrie publicitaire. De fait, quand on visite un site d'un média national par exemple, la navigation sur le site web se retrouve pollué par la présence de bannières publicitaires et de technologies de tracking qui consomment de l'énergie et génère une pollution. Prenons un exemple avec une page web du site du journal Le Monde

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Comme on peut le voir sur ces deux captures d'écran, le poids de la page est différente alors qu'il s'agit du même article. Sur la première, nous avons laissé la configuration par défaut de notre navigateur, en acceptant les cookies y compris tiers et la publicité présente. Avec tout ces éléments, la page pèse 14,46 Mo. Sur la seconde capture, nous avons bloqué les cookies et configuré notre navigateur pour renforcer la protection de la vie privée. Nous avons également ajouté des plugins conçus pour limiter le suivi publicitaire (uBlock Origin et No Script). Le résultat est sans appel, la page pèse presque 10 fois moins lourd avec 1,76 Mo. En bloquant les trackers et autres cookies utilisés pour pister l'internaute, nous limitons l'empreinte carbone de notre navigation et réduisons l’émission de C0². 

Enfin, si vous souhaitez que vos requêtes en ligne produisent moins de pollution, nous vous conseillons d'accéder aux sites que vous avez l'habitude de visiter en saisissant directement l'URL dans la barre d'adresse du navigateur ou en passant par les favoris. En effet, si vous consultez régulièrement le site de la médiathèque, plutôt que de taper dans un moteur de recherche "médiathèque fontenay", tapez directement mediatheque.fontenay.fr dans la barre d'adresse. En accédant directement au site,  vous limiterez votre empreinte carbone en ne sollicitant pas les serveurs du moteur de recherche.

Recycler son matériel

Vous avez un ordinateur qui commence à présenter des signes de fatigue ou bien il met du temps à démarrer ? Plutôt que d'en acheter un autre alors qu'il fonctionne encore, il est possible de remplacer le système d'exploitation Windows par un autre système d'exploitation qui consomme moins de ressources matérielles. D'une part, cela vous permet de prolonger la durée de vie de votre machine, et d'autre part, vous pourrez reprendre le contrôle sur votre vie privée.

Il existe des centaines de distributions Linux et il n'est pas toujours facile de s'y repérer quand on découvre cet univers. Certaines distributions sont plutôt orientées sécurité destinées à un public expert tandis que d'autres sont conçues pour pouvoir fonctionner sur des machines anciennes plus anciennes et s'adressent plutôt à un public débutant. Ce sont ces dernières qui nous intéressent. Parmi elles, on peut citer les distribution Linux Lite, Lubuntu ou encore Emmabuntüs, la distribution développée par l'association Emmaüs.. Ces distributions sont réputées pour être légères et peuvent s'installer sur des ordinateurs avec une architecture 32bits. En outre, certaine de ces distributions sont également conçues pour faciliter la transition entre Windows et Linux en proposant une interface similaire au système d'exploitation de Microsoft. On pense notamment à la distribution Zorin OS.

Si vous souhaitez être accompagnés pour passer votre ordinateur sous Linux, n'hésitez pas à venir nous voir à l'Atelier. Nous serons ravis de vous montrer comment faire pour installer ces distributions sur votre machine.